A/HRC/RES/58/17
Saluant le fait que la communauté internationale est prête à mener des démarches
diplomatiques constructives auprès de la République populaire démocratique de Corée et
soulignant l’importance du dialogue, notamment du dialogue intercoréen, ainsi que de la
mobilisation et de la coopération visant à améliorer la situation des droits de l’homme et la
situation humanitaire en République populaire démocratique de Corée,
Soulignant le caractère urgent et l’importance de la question des familles séparées,
y compris les Coréens touchés dans le monde entier, préconisant à cet égard la reprise de
l’organisation de réunions pour les familles séparées, conformément à l’engagement pris, au
sommet intercoréen tenu le 19 septembre 2018, de renforcer la coopération humanitaire afin
de régler définitivement la question des familles séparées, et soulignant qu’il importe de
permettre des réunions et des contacts réguliers et permanents entre les familles séparées,
notamment par des réunions dans un lieu facilement accessible et des locaux ordinaires, une
correspondance écrite régulière, des réunions par vidéo et l’échange de messages vidéo,
conformément aux résolutions pertinentes du Conseil de sécurité,
Prenant note avec inquiétude des possibles répercussions négatives sur la situation
relative aux droits humains, notamment celle des familles séparées, de l’annonce qu’a faite
la République populaire démocratique de Corée en janvier 2024, selon laquelle elle
n’œuvrerait plus à la réunification avec la République de Corée,
Soulignant que la situation des droits de l’homme en République populaire
démocratique de Corée, notamment en ce qui concerne l’égalité des sexes et les droits de
toutes les femmes et toutes les filles, y compris les adolescentes, est intrinsèquement liée à la
paix et à la sécurité internationales, étant donné que le Gouvernement de la République
populaire démocratique de Corée finance ses programmes illicites d’armes nucléaires et de
missiles balistiques en commettant des violations des droits de l’homme et des atteintes à ces
droits, par exemple en recourant au travail forcé, et notant avec préoccupation qu’une part
disproportionnée du budget de l’État est allouée aux dépenses militaires, ce qui entrave le
plein respect, la pleine protection et la pleine réalisation de droits de l’homme tels que le droit
à un niveau de vie suffisant et le droit de jouir du meilleur état de santé physique et mentale
possible,
Notant avec préoccupation que, selon un rapport publié par le Haut-Commissariat en
juillet 20249, le recours au travail forcé en République populaire démocratique de Corée et
par celle-ci est désormais institutionnalisé, les enfants sont vulnérables au déploiement et à
la mobilisation du travail forcé et, dans certains cas, le recours au travail forcé par la
République populaire démocratique de Corée peut, du fait de l’exercice d’un droit de
propriété, être constitutif du crime de réduction en esclavage, qui est un crime contre
l’humanité au regard du droit pénal international,
Réaffirmant qu’il importe que les États collaborent avec lui pleinement et de manière
constructive, notamment dans le cadre de l’Examen périodique universel et d’autres
mécanismes, aux fins de l’amélioration de leur situation dans le domaine des droits de
l’homme,
Notant que les frontières du pays rouvrent progressivement, et demandant le retour
sans discrimination de la communauté diplomatique, des institutions, fonds et programmes
des Nations Unies, ainsi que des organisations de la société civile, et la reprise d’un dialogue
constructif avec la communauté internationale,
1.
Condamne avec la plus grande fermeté les violations systématiques,
généralisées et flagrantes des droits de l’homme et autres atteintes à ces droits commises de
longue date et encore aujourd’hui en République populaire démocratique de Corée, et
exprime une nouvelle fois sa profonde inquiétude face aux conclusions détaillées que la
Commission d’enquête sur la situation des droits de l’homme en République populaire
démocratique de Corée a formulées dans son rapport, aux résultats des travaux de
surveillance et de collecte de données que continuent de mener le Haut-Commissariat des
Nations Unies aux droits de l’homme et la Rapporteuse spéciale sur la situation des droits de
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Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme, Forced Labour by the Democratic
People’s Republic of Korea (Genève et Séoul, 2024).
GE.25-05547