A/HRC/RES/39/10
accessibles et adaptés, et au manque d’accès aux soins prénatals, y compris à une aide
qualifiée lors de l’accouchement et à des soins obstétricaux d’urgence, de même qu’à la
pauvreté, au sous-développement, à tous les types de malnutrition, au manque de
médicaments et de matériel médical, à l’insuffisance des moyens humains et matériels dans
les systèmes de santé, aux pénuries d’aide humanitaire et de fonds qui touchent les
hôpitaux, l’assistance technique et les activités de renforcement des capacités et de
formation, et aux difficultés d’accès à l’eau et à l’assainissement, qui se traduisent par un
risque accru de grossesse non désirée, d’avortement non médicalisé et de mortalité et de
morbidité maternelles,
Réaffirmant que les droits de l’homme incluent le droit de maîtriser sa sexualité et
de prendre des décisions libres et responsables à ce sujet, y compris en ce qui concerne la
santé sexuelle et procréative, sans subir de contrainte, de discrimination ou de violence, et
que l’égalité dans les relations en ce qui concerne la sexualité et la procréation, dont le
respect total de la dignité, de l’intégrité et de l’autonomie corporelle, exige le respect et le
consentement mutuels, et le partage de la responsabilité des actes sexuels et de leurs
conséquences,
Sachant qu’il y a d’importants écarts entre les taux de mortalité et de morbidité
maternelles des différents pays, mais aussi à l’intérieur des pays, et entre les femmes et les
filles en butte à des formes de discrimination multiples et croisées, et constatant avec
préoccupation que le risque de mortalité maternelle est plus élevé pour les adolescentes, et
le plus élevé pour celles de moins de 15 ans, et que les complications durant la grossesse et
à l’accouchement sont une cause majeure de décès chez les adolescentes des pays en
développement, ce qui signifie qu’il faut prendre en compte tous les facteurs sociaux,
économiques et environnementaux qui influent sur la santé pour réduire les écarts
susmentionnés,
Constatant avec une vive préoccupation que, dans les pays en proie à des crises
humanitaires, le risque de mortalité maternelle sur la durée de la vie est estimé à 1 sur 54
contre 1 sur 180 à l’échelle mondiale, et que la majorité des décès maternels évitables se
produisent dans des situations de conflit armé, de catastrophe naturelle ou de déplacement,
Convaincu qu’il est urgent, à tous les niveaux, de faire preuve d’une volonté et d’un
engagement politiques accrus et de renforcer la coopération internationale et l’assistance
technique pour faire diminuer le taux mondial de mortalité et de morbidité maternelles
évitables, qui est inacceptable, tant à l’échelle mondiale que dans les situations de crise
humanitaire, et qu’adopter une approche de la prestation des services de santé sexuelle et
procréative fondée sur les droits de l’homme peut contribuer à la réalisation de l’objectif
commun qui consiste à faire baisser ce taux,
Conscient de la nécessité de disposer de davantage de données ventilées sur les taux
de mortalité et de morbidité maternelles, et d’assurer l’accès aux services de santé sexuelle
et procréative dans les situations de crise humanitaire,
Constatant que le défaut de prévention de la mortalité et de la morbidité maternelles
est l’un des principaux obstacles à l’accès des femmes et des filles à l’autonomie dans
toutes les composantes de la vie, au plein exercice de leurs droits de l’homme et à la pleine
réalisation de leur potentiel, et au développement durable en général, et conscient de la
nécessité de dépasser le clivage entre action humanitaire et aide au développement,
1.
Demande instamment à tous les États d’éliminer la mortalité maternelle
évitable et de respecter, de protéger et de réaliser les droits relatifs à la santé sexuelle et
procréative et les droits en matière de procréation, conformément au Programme d’action
de Beijing et au Programme d’action de la Conférence internationale sur la population et le
développement, aux conférences d’examen s’y rapportant et aux documents qui en sont
issus, ainsi que le droit de maîtriser pleinement toutes les questions ayant trait à la sexualité
et à la santé sexuelle et procréative et de prendre des décisions libres et responsables à ce
sujet, sans subir de contrainte, de discrimination ou de violence, notamment en levant les
obstacles juridiques et en élaborant et en appliquant des politiques, des bonnes pratiques et
des cadres juridiques qui respectent l’autonomie corporelle et garantissent l’accès universel
à des services de santé sexuelle et procréative, ainsi qu’à des informations et à une
éducation factuelles dans ce domaine, dans le cadre d’une démarche fondée sur les droits de
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GE.18-16418