A/HRC/RES/41/8
10.
Demande aux gouvernements de respecter, protéger et réaliser le droit
fondamental de toutes les femmes et les filles, y compris celles qui ont fait l’objet de
mariage d’enfants, de mariage précoce et de mariage forcé, d’avoir la maîtrise des questions
liées à leur sexualité, y compris la santé sexuelle et procréative, et de prendre à ce sujet des
décisions en toute liberté et de manière responsable, sans subir de contrainte, de
discrimination ou de violence, et d’adopter et d’accélérer l’application de lois, de politiques
et de programmes qui protègent et permettent l’exercice de tous les droits de l’homme et de
toutes libertés fondamentales, y compris les droits procréatifs, conformément au
Programme d’action de la Conférence internationale sur la population et le développement
et au Programme d’action de Beijing et aux textes issus de leurs conférences d’examen ;
11.
Engage les gouvernements à s’employer, avec la collaboration des acteurs
concernés, à venir à bout de la pauvreté, du manque de perspectives économiques subi par
les femmes et les filles, et d’autres incitations et inégalités économiques persistantes qui
favorisent le mariage d’enfants, le mariage précoce et le mariage forcé et empêchent de
quitter une relation forcée ou violente, notamment en garantissant aux femmes et aux filles
leurs droits à l’héritage et leurs droits de propriété, et leur accès sur un pied d’égalité avec
les hommes et les garçons à la protection sociale, aux services de garde d’enfants et aux
services financiers directs, à inciter les femmes et les filles à poursuivre leurs études,
y compris en se réinscrivant à l’école après l’accouchement, le mariage ou la dissolution du
mariage, à développer les perspectives économiques par l’accès à l’enseignement et à la
formation techniques et professionnels et à l’enseignement des compétences de base,
notamment financières, et à promouvoir la liberté de circulation, l’accès égal des femmes
au plein emploi productif et au travail décent, ainsi que la participation pleine et égale des
femmes à la vie politique et le droit des femmes d’hériter, de posséder et de gérer des terres
et des ressources productives ;
12.
Demande aux États de renforcer les lois et les cadres réglementaires qui
favorisent, pour les femmes et les hommes, la réconciliation et le partage des
responsabilités professionnelles et familiales, notamment en élaborant, en appliquant et en
soutenant des lois, des politiques et des services adaptés aux besoins de la famille, parmi
lesquels des régimes de congé parental et autres, une organisation du travail plus souple,
des mesures d’aide aux mères allaitantes, un développement des infrastructures et des
technologies et la fourniture de services, y compris des services de garde d’enfants et de
soins abordables, accessibles et de qualité pour les enfants et les autres personnes à charge,
et en veillant à ce que les hommes assument une part équitable des responsabilités pour ce
qui est des travaux domestiques en tant que pères et pourvoyeurs de soins, ce qui crée des
conditions favorables à l’émancipation économique des femmes ;
13.
Demande également aux États d’élaborer et d’appliquer, en consultation avec
les femmes et les filles et avec leur participation, et d’intégrer dans les interventions
humanitaires, dès le début des situations d’urgence humanitaire, des mesures visant à
remédier à la vulnérabilité accrue des femmes et des filles au mariage d’enfants, au mariage
précoce et au mariage forcé, et à protéger les femmes et les filles, en particulier celles qui
sont soumises au mariage d’enfants, au mariage précoce et au mariage forcé, de la violence
et de l’exploitation sexuelles et sexistes dans les situations d’urgence humanitaire et les
situations de déplacement forcé, de conflit armé et de catastrophe naturelle, y compris en
leur garantissant l’accès à des services tels que la santé et l’éducation, ainsi qu’en
renforçant les activités complémentaires et les interventions visant à empêcher le mariage
d’enfants, le mariage précoce et le mariage forcé dans les situations humanitaires, et à y
mettre fin, ainsi qu’à répondre aux besoins des victimes de ces pratiques ;
14.
Demande en outre aux États de veiller à ce que toutes les initiatives ayant
pour objet d’élaborer, de modifier ou d’appliquer des lois pénales relatives au mariage
d’enfants, au mariage précoce et au mariage forcé procèdent d’une démarche intégrée et
soient associées à des mesures et des services de protection des victimes et des survivants et
de celles et ceux qui sont exposés au risque de pratiques néfastes, telles que le mariage
d’enfants, le mariage précoce et le mariage forcé ;
15.
Engage les gouvernements à prendre des mesures pour aider les filles et les
femmes qui ont été victimes de mariage d’enfants, de mariage précoce et de mariage forcé,
et invite les États et tous les acteurs concernés à, notamment, renforcer l’élaboration,
GE.19-12291
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