Mariages d’enfants, mariages précoces et mariages forcés
A/RES/77/202
femmes et de toutes les filles et de prévenir et d’éliminer la pratique des mariages
d’enfants, des mariages précoces et des mariages forcés,
Réaffirmant que le mariage ne peut être conclu qu’avec le libre et plein
consentement des futurs époux,
Constatant que la protection sociale, l’accès à un enseignement de qualité dans
un environnement sûr, des services sociaux solides, une participation véritable à la
prise de décisions, des services de santé de qualité, une bonne nutrition, le libre accès
à l’eau salubre, y compris l’eau potable, et aux services d’assainissement et
d’hygiène, y compris la santé et l’hygiène menstruelles et des produits d’hygiène
féminine à des prix abordables, la formation professionnelle et la lutte contre toutes
les formes de discrimination et de violence à l’égard des filles, entre autres, sont
autant d’éléments indispensables à l’autonomisation des filles,
Préoccupée par le fait que, malgré les progrès récemment accomplis au niveau
mondial pour ce qui est de mettre fin aux mariages d’enfants, aux mariages précoces
et aux mariages forcés, notamment le fait que la proportion de filles mariées avant
l’âge de 18 ans a baissé de 15 pour cent au cours des 10 dernières années, les progrès
sont inégaux d’une région à l’autre, d’un pays à l’autre et à l’intérieur d’un même
pays, et que les données montrent qu’à ce rythme, la cible 5.3 associée aux objectifs
de développement durable, qui concerne l’élimination de cette prat ique d’ici à 2030,
ne sera atteinte dans aucune région du monde,
Notant avec inquiétude que la pandémie de maladie à coronavirus (COVID-19)
a sapé les progrès réalisés non sans difficulté en ce qui concerne l’élimination des
pratiques néfastes, y compris les mariages d’enfants, les mariages précoces et les
mariages forcés, et continue de compromettre la capacité des États à atteindre les
objectifs de développement durable, notamment la cible 5.3, d’ici à 2030,
Notant qu’au rythme où vont les choses, les mariages d’enfants, les mariages
précoces et les mariages forcés ne seront pas éliminés d’ici à 2030, car, outre les
12 millions de cas dénombrés chaque année, la pandémie de COVID -19 devrait en
entraîner plus de 13 millions de cas supplémentaires, qui auraient autrement été évités
d’ici à 2030, le risque étant particulièrement élevé pour les filles qui sont issues de
ménages pauvres, qui vivent dans des zones rurales ou reculées ou qui se trouvent en
situation de crise humanitaire ou d’abandon scolaire,
Sachant que les menaces sanitaires mondiales, les changements climatiques, la
perte de biodiversité, la dégradation de l’environnement, la fréquence et l’intensité
des catastrophes naturelles, les conflits armés, l’extrémisme violent pouvant conduire
au terrorisme, et les urgences humanitaires qui y sont liées, et le déplacement forcé
de personnes ont des répercussions particulièrement néfastes sur les femmes et les
filles, notamment sur celles qui sont en situation de handicap, et considérant que la
pauvreté, y compris la féminisation de la pauvreté, l’insécurité, les grossesses
précoces ou non désirées et le manque d’accès à une éducation de qualité font aussi
partie des causes premières des mariage d’enfants, des mariages précoces et des
mariages forcés,
Constatant que, dans certains cas, la pratique des mariages d’enfants, des
mariages précoces et des mariages forcés peut prendre la forme d’arrangements qui
ne sont ni officialisés, ni enregistrés, ni reconnus par les autorités religieuses ou
étatiques, et considérant que les politiques et programmes portant sur les mariages
d’enfants, les mariages précoces et les mariages forcés doivent prendre en
considération ces types d’arrangements et que la collecte d’informations à cet égard
aidera à concevoir des moyens d’intervenir auprès des femmes et des filles
concernées,
22-28917
3/16