A/HRC/47/38 enceintes dans les établissements de soins et les niveaux sensiblement plus élevés des taux de mortalité maternelle145. Les stéréotypes raciaux des prestataires de soins de santé à l’égard des femmes d’ascendance africaine font que celles-ci sont mal soignées ou le sont trop tardivement, facteur parmi d’autres qui explique l’incidence élevée des décès maternels évitables146. 67. Le racisme dans le système de santé peut être exacerbé par une surveillance et un contrôle généralisés de la part de l’État, ainsi que par les obligations de signalement en cas de soupçons de consommation de stupéfiants et de maltraitance ou de négligence d’enfants, qui dissuadent souvent les femmes enceintes d’obtenir des soins de santé procréative et sapent leur confiance dans les prestataires de services de santé 147. Ces normes et pratiques s’inscrivent dans un contexte précis, à savoir un discours toxique concernant « l’inaptitude des femmes noires à être mères »148, qui a été utilisé pour légitimer la violence de l’État à l’encontre des femmes noires, sous la forme de stérilisations forcées149 et la séparation des mères de leurs enfants150. 68. Pratique prometteuse s’appuyant sur les droits de l’homme et, plus précisément, sur des expériences vécues, des militantes noires ont élaboré leur propre cadre pour mener des activités de plaidoyer, à savoir un cadre pour la justice dans le domaine de la procréation et de la naissance, qui reconnaît trois grands principes intrinsèquement liés, à savoir le droit d’avoir un enfant, le droit de ne pas avoir d’enfant et le droit d’élever des enfants dans un environnement sûr et sain151. c) Femmes et filles roms 69. De tout temps, les femmes et les filles roms dans toute l’Europe ont fait l’objet d’antitsiganisme et ont été victimes de violations flagrantes de leurs droits en matière de santé sexuelle et procréative. La stérilisation forcée des femmes roms a été répandue dans certains pays européens jusque dans les années 1990, entraînant des pratiques abusives institutionnalisées et suscitant la méfiance envers les systèmes de santé152. La ségrégation ethnique des femmes roms dans des établissements de santé maternelle où les normes d’hygiène et de sécurité de base ne sont pas garanties est une pratique discriminatoire. Il arrive que des professionnels de la santé refusent d’intervenir, parce qu’ils pensent que les Roms ne peuvent pas les payer153 ou parce qu’ils ont des stéréotypes négatifs à leur sujet154, ce qui explique la qualité médiocre des soins dispensés ou des retards délibérés dans la fourniture des services155. 70. Les taux de grossesse chez les adolescentes roms sont disproportionnés, du fait en partie des taux élevés de mariages précoces ou de mariages d’enfants156. Elles ont plus besoin que les autres d’informations et de services en matière de contraception (alors qu’elles n’en obtiennent pas) et courent un risque accru d’infections sexuellement transmissibles, dont le VIH 157 , et de pauvreté menstruelle. Les autorités invoquent souvent des présomptions discriminatoires sur l’aptitude des Roms à devenir mères dans le but de leur retirer leurs enfants158. 145 146 147 148 149 150 151 152 153 154 155 156 157 158 20 Voir la contribution de Birth Justice. Voir Da Silva Pimentel c. Brésil. Voir la contribution de Birth Justice. Ibid. Voir la contribution de Her Rights Initiative South Africa. Voir la contribution de Birth Justice. Ibid. Voir https://www.euro.who.int/__data/assets/pdf_file/0015/330090/4-Advancing-womens-sexualreproductive-rights-in-Europe.pdf. Ibid. Nadia Rusi, "Discrimination of Roma women regarding their access to reproductive health services in Albania", European Journal of Multidisciplinary Studies, vol. 2, n° 1. Ibid. Voir https://eeca.unfpa.org/en/publications/inequities-roma-womens-health?page=4%2C0%2C4. Ibid. Voir https://spcommreports.ohchr.org/TMResultsBase/ DownLoadPublicCommunicationFile%20?gId=23724. GE.21-05607

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