A/74/274 B. Contexte historique 10. Le racisme, les préjugés raciaux et la discrimination raciale sont profondément ancrés dans notre histoire. Les manifestations du racisme sont liées à tout jamais aux périodes de conquête, à la traite et à la réduction en esclavage de millions d ’Africains, à l’imposition de lois d’exclusion raciale, au colonialisme et à l’impérialisme. Pendant plus de 400 ans, les Africains et leurs descendants ont été qualifiés de non humains, d’esclaves, de biens mobiliers et immobiliers dans les lois, tandis que la rhétorique sociale évoluait pour rationaliser, justifier et pérenniser ces injustices. Des millions de personnes ont perdu leur droit fondamental à l ’identité juridique et sont ainsi restés invisibles dans les lois et les politiques. Elles ont été privées de reconnaissance et soumises à l’idéologie du racisme qui diabolisait et dénigrait tout ce qui était noir et tout ce qui était africain. 11. Au début de la période coloniale, la notion de race, dénotant une division fondamentale de l’humanité et englobant généralement des traits culturels, géographiques et physiques, revêtait une importance capitale. Au XVIII e siècle et au début du XIX e siècle, les scientifiques d’Europe et des Amériques étudiaient la « science des races », laquelle était gouvernée par la conviction que l’humanité était divisée en races distinctes et inégales. Tout au long de l ’histoire de l’humanité, les individus se sont vu attribuer une identité fondée sur la race, en tant que moyen de contrôle et de domination. 12. Selon l’Equal Justice Initiative : Pour légitimer l’institution brutale et déshumanisante de l’esclavage en Amérique, ses défenseurs ont élaboré un discours sur la différence raciale. Ils ont diffusé des stéréotypes et des représentations erronées à l ’égard des personnes noires pour justifier leur mise en servitude définitive comme étant « plus que nécessaire pour le bien-être du nègre » – un acte de bonté qui a renforcé la suprématie blanche. Lors de l’abolition officielle de l’esclavage, rien n’a été fait pour surmonter les idées néfastes créées pour le défendre ; par conséquent, l’esclavage n’a pas pris fin : il a évolué 1. Ces idées et préjugés de longue date sont nés du désir de l ’Europe coloniale d’exploiter les populations autochtones et les Africains ainsi que leurs terres. À ce stade critique, les distinctions raciales étaient consolidées par l ’intermédiaire du droit et de la légitimité accordée à la philosophie et à la science, qui diabolisaient les sujets coloniaux. Ces idées fallacieuses ont prospéré tout au long de la période initiale, donnant naissance à de fausses théories qui étaient utilisées pour justifier la croyance en la hiérarchie raciale. Par la suite, les descriptions que l ’on faisait des Africains et des personnes d’ascendance africaine ont contribué à propager ces stéréotypes et à ainsi faire avancer la cause des colonisateurs et des défenseurs de la suprématie blanche. 13. Ces représentations, ou associations d’attributs, centrées sur les caractéristiques physiques, intellectuelles et morales des personnes d’ascendance africaine se reflètent dans les caricatures bestiales que l’on retrouve aujourd’hui. Le sambo (adulte docile et enfantin qui se contente de son statut), le coon (adulte paresseux et inarticulé) et le pickaninny (enfant coon aux yeux globuleux, aux cheveux négligés et aux imposantes lèvres rouges) illustrent la nature pernicieuse de ces stéréotypes. 14. De nombreux stéréotypes ont été utilisés pour renforcer la marchandisation des corps noirs et, en particulier, certains aspects de l’esclavage. Ainsi, bien que l’on __________________ 1 19-13272 Equal Justice Initiative, « The Legacy Museum: from enslavement to mass incarceration ». Disponible à l’adresse suivante : https://eji.org/legacy-museum. 5/25

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