Les filles
A/RES/68/146
Vivement préoccupée également par le peu de cas qui est fait, en particulier
dans les communautés, de la violence à l’égard des femmes et des filles, rarement
dénoncée ou signalée à cause de la stigmatisation, de la peur, de la tolérance sociale
et de la nature souvent illégale et secrète de ce phénomène,
Vivement préoccupée en outre par la discrimination qui s’exerce à l’égard des
filles et les violations de leurs droits, qui font qu’elles ont souvent moins accès à
l’éducation et à un enseignement de qualité, à une bonne nutrition, y compris en
termes de répartition de la nourriture, et aux services de santé physique et mentale,
bénéficient moins que les garçons des droits, des possibilités et des avantages de
l’enfance et de l’adolescence, sont plus vulnérables qu’eux aux conséquences des
rapports sexuels prématurés et non protégés et sont fréquemment victimes de
diverses formes d’exploitation et de violence culturelles, sociales, sexuelles et
économiques, de mauvais traitements, de viols, d’inceste, de crimes d’honneur et de
pratiques néfastes comme l’infanticide féminin, les mariages d’enfants et les
mariages précoces et forcés, la sélection du fœtus en fonction du sexe et les
mutilations génitales féminines,
Se félicitant de ce que le Conseil des droits de l’homme ait adopté la résolution
24/23, en date du 27 septembre 2013, intitulée « Renforcement des mesures visant à
prévenir et éliminer les mariages d’enfants, les mariages précoces et les mariages
forcés : défis, réalisations, bonnes pratiques et problèmes de mise en œuvre » 21,
Vivement préoccupée par le fait que les mariages d’enfants et les mariages
précoces et forcés, quoique très répandus, restent très peu signalés, constatant qu’il
convient d’y accorder une plus grande attention et qu’ils exposent les filles à un
risque plus élevé de contracter le VIH et des infections sexuellement transmissibles,
conduisent fréquemment à des relations sexuelles prématurées et à des grossesses et
une maternité précoces augmentent le risque de fistule obstétricale et les taux de
morbidité et de mortalité maternelle, et provoquent pendant la grossesse et
l’accouchement des complications dont résultent souvent des handicaps, la
naissance d’enfants morts et le décès de la mère, en particulier parmi les femmes
jeunes et les filles, ce qui nécessite des services de santé prénatale et postnatale
adéquats pour les mères, y compris la disponibilité d’accoucheuses qualifiées et de
soins obstétriques d’urgence, et notant avec préoccupation que ces phénomènes
réduisent les chances des filles de mener leur éducation à terme, d’acquérir une
formation complète, de participer à la vie de la collectivité ou d’acquérir des
compétences recherchées sur le marché de l’emploi, et compromettront
vraisemblablement à long terme leurs chances d’avoir un emploi qui leur permette
d’améliorer leur qualité de vie et celle de leurs enfants, autant d’éléments qui
violent les droits fondamentaux des filles et en entravent le plein exercice,
Vivement préoccupée également par le fait que la pratique des mutilations
génitales féminines viole et altère les droits fondamentaux des femmes et des filles,
qu’elle a un caractère néfaste et des conséquences irréparables et irréversibles, et
que l’objectif de l’éliminer en l’espace d’une génération, comme elle l’a réaffirmé
dans sa résolution 67/146 du 20 décembre 2012, n’a toujours pas été atteint,
Insistant sur la nécessité pour la communauté internationale, les entités
compétentes des Nations Unies, les institutions spécialisées, la société civile et les
institutions financières internationales de continuer d’appuyer activement, grâce à
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21
Voir Documents officiels de l’Assemblée générale, soixante-huitième session, Supplément no 53A
(A/68/53/Add.1), chap. III.
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