A/HRC/56/58
Nations Unies
Assemblée générale
Distr. générale
27 juin 2024
Français
Original : anglais
Conseil des droits de l’homme
Cinquante-sixième session
18 juin-12 juillet 2024
Point 3 de l’ordre du jour
Promotion et protection de tous les droits de l’homme,
civils, politiques, économiques, sociaux et culturels,
y compris le droit au développement
Liberté académique
Rapport de la Rapporteuse spéciale sur le droit à l’éducation,
Farida Shaheed*
Résumé
Dans le présent rapport sur la liberté académique, la Rapporteuse spéciale sur le droit
à l’éducation, Farida Shaheed, examine le droit à la liberté académique sous l’angle du droit
à l’éducation et propose de considérer cette liberté comme un droit de l’homme autonome
fondé sur plusieurs dispositions du droit international.
La liberté académique s’entend de la liberté de chacun d’accéder à l’information, de
la diffuser et de la produire, de penser librement et d’acquérir et de mobiliser tout un éventail
de connaissances relevant de son domaine de compétence ou d’étude ou le concernant, ainsi
que de s’exprimer à ce sujet, que ce soit en milieu scolaire (« expression intra-muros ») ou
en dehors de celui-ci, y compris dans le cadre d’échanges avec le public (« expression
extra-muros »). Cette liberté est un droit de l’homme, dont l’exercice emporte des obligations
particulières, à savoir rechercher la vérité et diffuser l’information dans le respect des normes
déontologiques et professionnelles, et remédier aux problèmes et satisfaire aux besoins
contemporains de tous les membres de la société.
Dans le domaine de l’éducation, la Rapporteuse spéciale soutient le droit à la liberté
académique pour tous les chercheurs, enseignants et élèves, à tous les niveaux d’éducation,
compte tenu de l’évolution des capacités et de la maturité des élèves. La liberté académique
s’articule en quatre droits interdépendants, à savoir : le droit d’enseigner ; le droit de discuter
et de débattre avec des personnes et des groupes en milieu scolaire (notamment en classe) et
en dehors de celui-ci ; le droit de mener des travaux de recherche ; et le droit de diffuser des
opinions et les résultats des travaux de recherche. Ainsi, il importe de comprendre
l’importance primordiale de la liberté d’expression dans l’enseignement, de réexaminer la
notion de « neutralité » dans l’éducation et de revoir les procédures d’approbation des
manuels scolaires, notamment concernant les matières imposées ou interdites dans les
programmes, en gardant à l’esprit les objectifs fixés par le droit international des droits de
l’homme en matière d’éducation. Les enseignants ne peuvent favoriser la pensée critique et
* La version originale du présent rapport a été soumise aux services de conférence après la date prévue
pour que l’information la plus récente puisse y figurer.
GE.24-07473 (F)
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