Situation relative aux droits humains dans les territoires ukrainiens
temporairement occupés, y compris la République autonome de
Crimée et la ville de Sébastopol
A/RES/80/223
Réaffirmant le droit de toutes les personnes déplacées et réfugiées qui pâtissent
de l’occupation temporaire par la Fédération de Russie de rentrer chez elles en
Ukraine,
Se déclarant de nouveau gravement préoccupée par le fait qu’aux termes de la
décision rendue le 26 avril 2016 par la « Cour suprême de Crimée » et de celle rendue
le 29 septembre 2016 par la Cour suprême de la Fédération de Russie, le Mejlis des
Tatars de Crimée, organisme représentatif des Tatars de Crimée, peuple autochtone de
Crimée, continue d’être considéré comme une organisation extrémiste et ses activités
demeurent proscrites, et que la persécution des responsables du Mejlis des Tatars de
Crimée se poursuit,
Condamnant la pression qui continue d’être exercée sur les minorités religieuses
et leurs membres, notamment les fréquentes perquisitions dont ils font l’objet, la
démolition des bâtiments consacrés à la religion et les expulsions de ces bâtiments,
les exigences indues qui leur sont imposées en matière d’enregistrement et qui
entraînent des modifications du statut juridique et des droits de propriété, ainsi que
les menaces et les persécutions que subissent les membres de l’Église orthodoxe
ukrainienne, des Églises protestantes et des communautés religieuses musulmanes,
ainsi que les gréco-catholiques, les catholiques romains et les Témoins de Jéhovah, et
condamnant également les poursuites infondées engagées contre des dizaines de
musulmans pacifiques au motif qu’ils seraient membres d’organisations extrémistes,
Gravement préoccupée par le recours constant à des tribunaux militaires,
y compris ceux situés sur le territoire de la Fédération de Russie, pour juger les
résidents civils des territoires ukrainiens temporairement occupés, et par les preuves
de plus en plus nombreuses attestant que la Puissance occupante ne respecte pas les
normes de procès équitable, notamment en mettant en place dans les territoires
temporairement occupés des tribunaux illégaux qui ne se conforment pas aux règles
internationales relatives à l’indépendance et l’impartialité des juges, à la transparence
des procédures judiciaires, à la présomption d’innocence de la personne accusée et à
son droit à la défense,
Condamnant l’application abusive, constante et généralisée de lois
antiterroristes et anti-extrémistes pour faire taire les dissidents, notamment
l’imposition de la nouvelle législation russe visant à dissuader les résidents des
territoires ukrainiens temporairement occupés de manifester pacifiquement
conformément à leurs droits à la liberté d’expression, à la liberté d’opinion et à la
liberté de réunion pacifique, après et pendant la guerre d’agression menée par la
Fédération de Russie contre l’Ukraine,
Condamnant fermement à cet égard la pression continue et les arrestations en
masse pour cause de terrorisme, d’extrémisme, d’espionnage ou autres, et les autres
formes de répression à l’égard de journalistes et d’autres professionnels des médias,
d’avocats, de défenseurs des droits humains et de militants des droits civils,
notamment des militants de l’Initiative civique de solidarité de la Crimée, qui
rassemblent des informations sur les violations commises et offrent une aide
humanitaire aux familles des victimes de poursuites judiciaires à motivation politique,
Rappelant l’arrêt rendu par la Cour internationale de Justice le 31 janvier 2024
concernant l’affaire Application de la Convention internationale pour la répression
du financement du terrorisme et de la Convention internationale sur l’élimination de
toutes les formes de discrimination raciale (Ukraine c. Fédération de Russie) 35,
_______________
35
25-20987
Voir Documents officiels de l’Assemblée générale, soixante-dix-neuvième session, Supplément
n o 4 (A/79/4), chap. V, sect. A.
7/17
Select target paragraph3
Connect to a paragraph
Connect to an entity
Disable highlights
Add to table of contents