A/79/159 C. Formes croisées de discrimination et de marginalisation 39. Certains groupes de travailleuses et de travailleurs continuent de rencontrer des obstacles dans l’exercice de leurs droits syndicaux en raison de la discrimination structurelle et de la marginalisation, ce qui a pour effet d ’accroître leur victimisation dans les formes contemporaines d’esclavage. Le fait que les travailleuses ne puissent exercer pleinement ces droits en est un exemple. Étant donné qu ’elles assument une part disproportionnée des soins non rémunérés et du travail domestique, les femmes disposent de moins de temps et d’espace pour s’engager dans les organisations de travailleurs et y exercer des rôles de direction 150. Les lois sur le travail domestique peuvent également exempter de la protection offerte par le droit du travail, y compris des droits syndicaux, certains secteurs dans lesquels les femmes constituent une grande partie de la main-d’œuvre, notamment l’agriculture et le travail domestique 151. 40. L’expérience vécue par des travailleuses et travailleurs appartenant à des groupes minoritaires mérite d’être soulignée. Dans les pays asiatiques comme le Bangladesh, l’Inde, le Népal, le Pakistan et Sri Lanka, la liberté d’association et le droit à la négociation collective sont des problèmes persistants pour la plupart des travailleuses et travailleurs issus de castes opprimées, notamment les dalits . Même lorsque les travailleuses et travailleurs sont légalement autorisés à adhérer à un syndicat, les organisations de travailleurs peuvent être elles-mêmes divisées en fonction des castes, les membres des castes les plus défavorisées ayant le moins de pouvoir de négociation 152. L’intégration de la dimension de genre doit également être prise en compte, car les femmes dalits se heurtent à des obstacles supplémentaires dans la mesure où elles sont moins susceptibles de pouvoir exercer leurs droits syndicaux pour diverses raisons 153 . Les travailleuses et travailleurs migrants sont également désavantagés lorsqu’il s’agit d’exercer leurs droits syndicaux, comme indiqué ci-après. Même dans les États où ils peuvent exercer ces droits, les travailleuses et travailleurs migrants sont moins enclins à s’engager dans des organisations de travailleurs par crainte d’être signalés par les recruteurs et éventuellement licenciés par leurs employeuses ou employeurs 154 . Les barrières linguistiques, un réseau social limité et un manque d ’accès à l’information sur leurs droits représentent des défis supplémentaires pour eux 155. 41. En outre, les travailleuses et travailleurs des régions éloignées ou rurales et des zones économiques spéciales rencontrent également des difficultés, notamment dans les secteurs de l’agriculture, de la construction, de la pêche et de l’extraction des ressources naturelles, où ils ne peuvent pas se syndiquer et sont coupés des canaux leur permettant de signaler les violations des droits humains en raison de leur situation géographique 156. Les travailleuses et travailleurs autochtones en sont un exemple, car ils travaillent souvent dans ces domaines dans différentes régions du monde 157. Dans les zones économiques spéciales, notamment celles du Bangladesh, de l’Éthiopie, d’Haïti, de la Jamaïque et du Kenya, il est signalé que les travailleuses et travailleurs seraient dans l’incapacité d’exercer pleinement leur droit à la négociation collective __________________ 150 151 152 153 154 155 156 157 20/25 A/75/184, par. 42 et 66, et A/HRC/44/51, par. 53. A/HRC/44/51, par. 52. Communication reçue de l’International Dalit Solidarity Network. Ibid., et communication reçue d’Anti-Slavery International. Communications reçues de la Confédération syndicale internationale, du Freedom Network USA et de la Confédération syndicale néerlandaise. La Confédération syndicale internationale a également indiqué que des difficultés similaires ont été rencontrées dans les aspects opérationnels du site Web pair à pair Recruitment Advisor platform (www.recruitmentadvisor.org), dont les principaux utilisateurs sont des travailleuses et travailleurs migrants. Communication reçue de Migrants-Rights.org. Communication reçue de Freedom Network USA. Ibid. 24-13043

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