A/HRC/RES/35/18
Constatant avec une vive préoccupation qu’aucun pays dans le monde n’a encore
totalement éliminé la discrimination fondée sur le genre3 et qu’un grand nombre de femmes
et de filles, en particulier celles qui appartiennent à des groupes marginalisés ou sont en
situation de vulnérabilité, se heurtent partout dans le monde à des formes de discrimination
multiples et croisées et continuent d’être soumises à des lois et pratiques discriminatoires,
et que l’égalité de droit et de fait n’a pas été réalisée,
Se déclarant profondément préoccupé par la réaction contre les progrès réalisés par
la société civile, notamment les organisations de femmes et les organisations
communautaires, les groupes féministes, les défenseurs des droits des femmes, les
organisations de filles et les organisations dirigées par des jeunes, pour faire respecter les
droits fondamentaux des femmes,
Reconnaissant la nécessité pour les États d’accélérer l’application de stratégies
visant à respecter, protéger et mettre en œuvre le droit des femmes à la jouissance des droits
civils, politiques, économiques, culturels et sociaux, sans discrimination, par l’adoption de
bonnes pratiques, et affirmant que la réalisation de leurs droits fondamentaux exige la
participation pleine, effective et significative et la contribution des femmes et des filles à
tous les aspects de la vie publique, politique, économique, culturelle, sociale et familiale,
sur un pied d’égalité avec les hommes et les garçons,
Soulignant que les instruments internationaux relatifs aux droits de l’homme
interdisent la discrimination fondée, notamment, sur le sexe, et que la législation nationale
devrait être conforme aux obligations internationales de chaque État,
Reconnaissant que les dispositions juridiques relatives à l’égalité des sexes créent un
cadre à partir duquel les droits des femmes peuvent plus globalement être encouragés,
protégés et respectés, et constituent un mécanisme essentiel pour la pleine et égale
jouissance de tous les droits fondamentaux des femmes et des filles, et considérant
également que les lois seules ne suffisent pas à éliminer la discrimination à l’égard des
femmes et des filles et qu’elles doivent être assorties de mécanismes d’accompagnement
durables dans tous les secteurs de la société dans laquelle elles peuvent être utilement mises
en œuvre,
Reconnaissant également que la discrimination à l’égard des femmes et des filles est
intrinsèquement liée aux stéréotypes sexistes profondément enracinés, que les attitudes, les
comportements, les normes, les perceptions, les coutumes discriminatoires et les pratiques
préjudiciables ont directement des incidences négatives sur le statut et le traitement des
femmes et des filles et que des environnements sexistes empêchent la mise en œuvre des
cadres législatifs et normatifs qui garantissent l’égalité des sexes et interdisent la
discrimination à l’égard des femmes et des filles,
Pleinement conscient du fait que la participation des femmes aux affaires publiques
et aux fonctions de direction et de décision est essentielle pour promouvoir les droits et
l’autonomisation des femmes et a permis le développement de mesures d’appui et de
compétences pour faire face à un déficit démocratique dû à l’exclusion traditionnelle des
femmes de la vie publique, y compris la mise en œuvre de toutes les mesures visant à
éliminer tous les obstacles qui empêchent les femmes d’être élues,
Soulignant le rôle important que jouent les femmes dans le développement
économique et l’élimination de la pauvreté, tout en reconnaissant que les obstacles
structurels à l’égalité des sexes et la discrimination fondée sur le sexe persistent sur le
marché du travail dans le monde entier, et rappelant la nécessité de promouvoir l’égalité de
rémunération pour un travail égal ou de valeur égale en tant que mesure essentielle pour
éliminer l’écart salarial entre les sexes, en reconnaissant aux femmes un accès plein et égal
aux ressources économiques, y compris le droit égal à l’héritage et à la propriété des terres
et d’autres biens, de promouvoir les soins et les tâches domestiques correctement rémunérés
par la fourniture d’une protection sociale et de conditions de travail sûres, et d’élaborer et
3
2
Voir Organisation mondiale de la Santé, « Leading the realization of human rights to health and
through health : report of the High-level Working Group on the Health and Human Rights of Women,
Children and Adolescents ».
GE.17-11415