A/HRC/RES/45/21
responsables2, et prenant note avec satisfaction des travaux de la Commission d’enquête de
l’ONU,
1.
Déplore la situation des droits de l’homme en République arabe syrienne et le
fait que le conflit en cours continue d’avoir des effets dévastateurs sur la population civile,
notamment la commission de violations du droit international des droits de l’homme et
d’atteintes à ce droit et de violations du droit international humanitaire revêtant un caractère
systématique, et renouvelle l’appel du Secrétaire général en faveur d’un cessez-le-feu
mondial et celui de l’Envoyé spécial du Secrétaire général pour la Syrie en faveur d’un
cessez-le-feu complet, immédiat et à l’échelle nationale dans toute la République arabe
syrienne, et demande instamment à toutes les parties au conflit de s’employer à le mettre en
œuvre ;
2.
Condamne fermement toutes les violations du droit international des droits de
l’homme et atteintes à ce droit et toutes les violations du droit international humanitaire
commises dans l’ensemble de la République arabe syrienne, prend note à cet égard du
rapport le plus récent de la Commission d’enquête internationale indépendante sur la
République arabe syrienne3, exige de toutes les parties qu’elles s’acquittent immédiatement
de leurs obligations respectives et souligne la nécessité de faire en sorte que tous les
responsables de ces violations et atteintes répondent de leurs actes ;
3.
Réaffirme qu’il importe de mettre en place les processus et les mécanismes
nécessaires pour parvenir à la justice, à la réconciliation, à la vérité et à l’établissement des
responsabilités pour les violations du droit international des droits de l’homme et les
atteintes à ce droit et les violations du droit international humanitaire commises, et pour
assurer aux victimes et survivants une réparation et des voies de recours effectives, et que
l’établissement des responsabilités et les mécanismes de justice transitionnelle peuvent
constituer un préalable à tous les efforts visant à trouver une issue durable, inclusive et
pacifique au conflit, et se félicite des efforts importants déployés par la Commission
d’enquête et le Mécanisme international, impartial et indépendant chargé de faciliter les
enquêtes sur les violations les plus graves du droit international commises en République
arabe syrienne depuis mars 2011 et d’aider à juger les personnes qui en sont responsables,
tout en soulignant que la Cour pénale internationale peut jouer un rôle important à cet
égard;
4.
Se félicite des efforts récemment entrepris par l’Envoyé spécial du Secrétaire
général pour la Syrie en vue de convoquer et d’organiser la troisième session de la
Commission constitutionnelle dirigée et conduite par la Syrie à Genève, et demande
instamment à toutes les parties, en particulier aux autorités syriennes, de s’engager
véritablement dans le processus politique mené sous les auspices de l’Envoyé spécial et de
son bureau à Genève, conformément à tous les éléments de la résolution 2254 (2015) du
Conseil de sécurité en date du 18 décembre 2015, y compris l’organisation d’élections
libres et régulières conformément à la nouvelle constitution, la libération des personnes
détenues arbitrairement, la cessation immédiate de toutes les attaques visant des civils et
des biens de caractère civil et la mise en place de conditions propices à un retour en toute
sécurité, volontaire, digne et durable des Syriens réfugiés et déplacés, en faisant en sorte
que les femmes y fassent entendre leur voix dans des conditions d’égalité et participent
pleinement, effectivement et activement à tous les efforts et à la prise de décisions ;
5.
Déplore l’offensive militaire lancée à l’instigation des forces du régime
syrien dans la province d’Edleb et les régions avoisinantes en décembre 2019 et les attaques
indiscriminées que continue d’y subir la population civile, qui ont de graves répercussions
sur elle, et demeure extrêmement préoccupé par la situation, prend note à cet égard de la
signature, le 5 mars 2020, par la Fédération de Russie et la Turquie, du Protocole
additionnel au Mémorandum sur la stabilisation de la situation dans la zone de désescalade
d’Edleb, et souligne qu’il importe de continuer de s’employer à favoriser une accalmie sur
le terrain et qu’il est urgent de cesser immédiatement toutes les hostilités militaires à Edleb
et dans les régions avoisinantes, de donner la priorité à la protection de tous les civils, y
2
3
2
Voir A/74/699.
A/HRC/45/31.
GE.20-13338