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C.
Formes croisées de discrimination et de marginalisation
39. Certains groupes de travailleuses et de travailleurs continuent de rencontrer des
obstacles dans l’exercice de leurs droits syndicaux en raison de la discrimination
structurelle et de la marginalisation, ce qui a pour effet d ’accroître leur victimisation
dans les formes contemporaines d’esclavage. Le fait que les travailleuses ne puissent
exercer pleinement ces droits en est un exemple. Étant donné qu ’elles assument une
part disproportionnée des soins non rémunérés et du travail domestique, les femmes
disposent de moins de temps et d’espace pour s’engager dans les organisations de
travailleurs et y exercer des rôles de direction 150. Les lois sur le travail domestique
peuvent également exempter de la protection offerte par le droit du travail, y compris
des droits syndicaux, certains secteurs dans lesquels les femmes constituent une
grande partie de la main-d’œuvre, notamment l’agriculture et le travail domestique 151.
40. L’expérience vécue par des travailleuses et travailleurs appartenant à des
groupes minoritaires mérite d’être soulignée. Dans les pays asiatiques comme le
Bangladesh, l’Inde, le Népal, le Pakistan et Sri Lanka, la liberté d’association et le
droit à la négociation collective sont des problèmes persistants pour la plupart des
travailleuses et travailleurs issus de castes opprimées, notamment les dalits . Même
lorsque les travailleuses et travailleurs sont légalement autorisés à adhérer à un
syndicat, les organisations de travailleurs peuvent être elles-mêmes divisées en
fonction des castes, les membres des castes les plus défavorisées ayant le moins de
pouvoir de négociation 152. L’intégration de la dimension de genre doit également être
prise en compte, car les femmes dalits se heurtent à des obstacles supplémentaires
dans la mesure où elles sont moins susceptibles de pouvoir exercer leurs droits
syndicaux pour diverses raisons 153 . Les travailleuses et travailleurs migrants sont
également désavantagés lorsqu’il s’agit d’exercer leurs droits syndicaux, comme
indiqué ci-après. Même dans les États où ils peuvent exercer ces droits, les
travailleuses et travailleurs migrants sont moins enclins à s’engager dans des
organisations de travailleurs par crainte d’être signalés par les recruteurs et
éventuellement licenciés par leurs employeuses ou employeurs 154 . Les barrières
linguistiques, un réseau social limité et un manque d ’accès à l’information sur leurs
droits représentent des défis supplémentaires pour eux 155.
41. En outre, les travailleuses et travailleurs des régions éloignées ou rurales et des
zones économiques spéciales rencontrent également des difficultés, notamment dans
les secteurs de l’agriculture, de la construction, de la pêche et de l’extraction des
ressources naturelles, où ils ne peuvent pas se syndiquer et sont coupés des canaux
leur permettant de signaler les violations des droits humains en raison de leur situation
géographique 156. Les travailleuses et travailleurs autochtones en sont un exemple, car
ils travaillent souvent dans ces domaines dans différentes régions du monde 157. Dans
les zones économiques spéciales, notamment celles du Bangladesh, de l’Éthiopie,
d’Haïti, de la Jamaïque et du Kenya, il est signalé que les travailleuses et travailleurs
seraient dans l’incapacité d’exercer pleinement leur droit à la négociation collective
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A/75/184, par. 42 et 66, et A/HRC/44/51, par. 53.
A/HRC/44/51, par. 52.
Communication reçue de l’International Dalit Solidarity Network.
Ibid., et communication reçue d’Anti-Slavery International.
Communications reçues de la Confédération syndicale internationale, du Freedom Network USA
et de la Confédération syndicale néerlandaise. La Confédération syndicale internationale a
également indiqué que des difficultés similaires ont été rencontrées dans les aspects opérationnels
du site Web pair à pair Recruitment Advisor platform (www.recruitmentadvisor.org), dont les
principaux utilisateurs sont des travailleuses et travailleurs migrants.
Communication reçue de Migrants-Rights.org.
Communication reçue de Freedom Network USA.
Ibid.
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