A/HRC/RES/58/7
Considérant que des systèmes juridiques nationaux solides et efficaces sont
indispensables pour prévenir et combattre les pratiques de corruption et le transfert d’avoirs
d’origine illicite et pour assurer la restitution de ces avoirs, et rappelant que la lutte contre
toutes les formes de corruption exige la présence, à tous les niveaux, y compris au niveau
local, d’institutions solides capables de prendre des mesures efficaces de prévention et de
répression compatibles avec la Convention des Nations Unies contre la corruption, en
particulier ses chapitres II et III,
Rappelant que le rapatriement des fonds d’origine illicite nécessite une coordination
et une coopération étroites et transparentes entre les autorités compétentes des États
requérants et des États requis, notamment les autorités judiciaires et les autorités centrales,
dans le cadre de la responsabilité partagée qui est la leur de faciliter une coopération
internationale efficace pour assurer le recouvrement rapide des avoirs d’origine illicite,
Affirmant la responsabilité des États requérants et des États requis en matière de
restitution du produit du crime, et considérant que les États requérants doivent demander la
restitution conformément à leur devoir d’agir au maximum des ressources disponibles pour
la pleine réalisation de tous les droits de l’homme pour tous, y compris le droit au
développement, remédier aux violations des droits de l’homme et combattre l’impunité, et
que les États requis, pour leur part, ont le devoir de contribuer à la restitution du produit du
crime et de le faciliter, y compris par l’entraide judiciaire, dans le cadre de l’obligation
d’assistance et de coopération internationale que leur imposent les dispositions des
chapitres IV et V de la Convention des Nations Unies contre la corruption et en vertu des
obligations qui leur incombent dans le domaine des droits de l’homme,
Préoccupé par les problèmes et les difficultés auxquels tant les États requis que les
États requérants se heurtent en ce qui concerne la restitution du produit du crime, en raison,
notamment, de l’absence de volonté politique dans les États requis, tenant aux avantages tirés
des flux financiers illicites, de différences entre les systèmes juridiques, de la complexité des
enquêtes et des poursuites faisant intervenir plusieurs juridictions, de la méconnaissance des
procédures d’entraide judiciaire des autres États et des difficultés que soulève la détection
des flux de fonds d’origine illicite, constatant les problèmes particuliers qui se posent lorsque
sont impliqués des personnes exerçant ou ayant exercé des fonctions publiques importantes
et des membres de leur famille et de leur entourage, sachant que les difficultés d’ordre
juridique sont souvent exacerbées par des obstacles factuels et institutionnels, et constatant
également les difficultés liées à la communication de renseignements établissant un lien entre
le produit de la corruption dans l’État requis et l’infraction commise dans l’État requérant,
qui peut dans bien des cas être difficile à prouver, et à l’application de conditions par les
États requis,
Conscient des nombreux problèmes techniques, juridiques et pratiques devant être
réglés pour faciliter le rapatriement des fonds d’origine illicite dans les pays où ils ont
été volés,
Réaffirmant son adhésion au Programme de développement durable à l’horizon 2030,
en particulier aux cibles nos 16.4, 16.5, 16.6 et 16.10 se rapportant à l’objectif 16, qui
soulignent l’engagement des États de réduire nettement les flux financiers illicites et le trafic
d’armes d’ici à 2030, et au Programme d’action d’Addis-Abeba, adopté à la troisième
Conférence internationale sur le financement du développement, tenue à Addis-Abeba en
juillet 2015, qui souligne en particulier que les mesures visant à maîtriser les flux financiers
illicites font partie intégrante de l’action menée pour parvenir au développement durable,
Constatant la nécessité de réformer le système fiscal mondial, dans le cadre d’une
véritable démarche de lutte contre les flux financiers illicites, conformément à la législation
sur les droits de l’homme, ainsi que la nécessité de renforcer la coopération et l’assistance
internationales en matière de contrôle, de rapatriement et d’imposition des flux provenant des
pays en développement, au service de la promotion et de la réalisation des droits de l��homme,
Voyant l’effet corrosif qu’ont l’évasion et la fraude fiscales sur la confiance, le contrat
social, l’intégrité financière, l’état de droit et les possibilités de développement durable, avec
des conséquences qui affectent les plus pauvres et les plus vulnérables,
GE.25-05431
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