A/HRC/RES/38/6
5.
Souligne que l’autonomisation des femmes et des filles est un élément clef
pour briser le cycle de discrimination et de violence et promouvoir et protéger les droits de
l’homme, y compris le droit de jouir du meilleur état de santé physique et mentale qu’il soit
possible d’atteindre ;
6.
Demande aux États, à la communauté internationale et aux organismes des
Nations Unies de mettre fin à la médicalisation des mutilations génitales féminines, ce qui
suppose de définir et de diffuser des directives et les dispositions légales à l’intention du
personnel médical et des accoucheuses traditionnelles afin de fournir une réponse adéquate
aux problèmes de santé physique et mentales chroniques des millions de femmes et de filles
qui ont subi des mutilations génitales, problèmes qui entravent les progrès en matière de
santé en général et la protection des droits de l’homme, y compris le droit de jouir du
meilleur état de santé physique et mentale qu’il soit possible d’atteindre ;
7.
Prie instamment les États de respecter, protéger et promouvoir les droits de
l’homme de toutes les femmes et filles, d’adopter et d’accélérer la mise en œuvre des lois,
politiques et programmes qui protègent et permettent leur jouissance de tous les droits de
l’homme et de toutes les libertés fondamentales, y compris leur santé sexuelle et
procréative ;
8.
Exhorte les États à promouvoir la reddition de comptes et à garantir l’accès à
la justice pour la mise en œuvre et l’application effectives des lois visant à prévenir et à
éliminer toutes les formes de mutilations génitales féminines, notamment en informant les
femmes et les filles de leurs droits et en éliminant tous les obstacles à l’accès à l’assistance
juridique et aux recours ;
9.
Demande aux États de prendre les mesures immédiates et efficaces suivantes
pour éliminer la pratique des mutilations génitales féminines :
a)
S’attaquer aux causes profondes de l’inégalité entre les sexes, y compris les
stéréotypes sexistes et les normes sociales négatives, les attitudes et les comportements, les
facteurs socioéconomiques de la violence et les relations de pouvoir inégales telles que les
normes patriarcales qui perpétuent les mutilations génitales féminines ;
b)
Mettre un accent particulier sur l’éducation formelle et informelle, en
particulier des jeunes, y compris les filles, des parents et des chefs religieux, traditionnels et
communautaires, sur les effets néfastes des mutilations génitales féminines, et surtout
encourager les hommes et les garçons à s’impliquer davantage dans les campagnes
d’information et de sensibilisation pour être des agents de changement au sein des
communautés, y compris avec la participation significative des femmes et des filles qui ont
été soumises à cette pratique ;
c)
Poursuivre et intensifier leurs efforts d’information et de sensibilisation sur
les méfaits des mutilations génitales féminines, accroître leur soutien aux activités visant à
éliminer cette pratique aux niveaux communautaire, national et international, et organiser
dans ce cadre des activités lors de la Journée internationale de la tolérance zéro à l’égard
des mutilations génitales féminines en impliquant les autorités religieuses et
traditionnelles ;
d)
Élaborer, soutenir et promouvoir, selon qu’il convient, des programmes
d’éducation, y compris en matière de santé sexuelle et procréative, pour combattre les
stéréotypes négatifs et les attitudes et pratiques néfastes qui alimentent les mutilations
génitales féminines et perpétuent la violence et la discrimination à l’égard des femmes et
des filles ;
e)
Adopter une législation nationale interdisant les mutilations génitales
féminines, conformément au droit international des droits de l’homme, et prendre des
mesures pour veiller à son application rigoureuse, tout en œuvrant à harmoniser leurs
législations afin de lutter efficacement contre la pratique transfrontalière des mutilations
génitales féminines, y compris par le renforcement de la coopération policière et judiciaire
transnationale en matière d’échange d’informations sur les victimes et les auteurs de
mutilations génitales féminines, conformément aux lois et politiques nationales et au droit
international des droits de l’homme ;
4
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