A/76/302 efficacement à l’injustice raciale et au racisme structurel qui semblent admis lorsque le monde est en proie à l’incertitude, à l’instabilité et à la peur. 11. La Directrice générale et fondatrice de Advancing Health Equity, Uché Blackstock, considère les inégalités à raison de la race que l’on observe en matière de santé aux États-Unis comme un symptôme profondément ancré de racisme et de suprématie blanche. Notant que les Noirs américains ont l’espérance de vie la plus courte et les taux de mortalité infantile et maternelle les plus élevés, elle évoque ensuite les facteurs qui expliquent pourquoi les communautés noires ont payé le plus lourd tribut en termes de décès dus à la COVID-19, à savoir notamment la présence disproportionnée de travailleurs essentiels d’origine africaine et le fait que cette communauté soit fortement tributaire des transports publics, le manque d’accès à des services de dépistage et de santé de bonne qualité, ainsi que le nombre plus important d’affections chroniques chez les personnes d’ascendance africaine. Le docteur Blackstock est également préoccupée par l’existence attestée de partis pris et comportements négatifs inconscients de la part des soignants envers les patients noirs, ainsi que par les algorithmes racialement biaisés qu’utilisent les systèmes de soins de santé. Le stress chronique lié au racisme quotidien a, selon l’intervenante, des effets concrets sur l’espérance de vie et la santé, et accentue la méfiance des Noirs américains à l’égard du système sanitaire. Ces manifestations de racisme structurel appellent à modifier en profondeur les principaux détermi nants sociaux de la santé, en particulier l’accès à un logement sûr et adéquat, à un emploi rémunéré, à une éducation de qualité, à une alimentation saine et à des soins de santé. 12. La Rapporteuse spéciale sur le droit qu’a toute personne de jouir du meilleu r état de santé physique et mentale possible, Tlaleng Mofokeng, rebondit sur la question du racisme structurel en tant que cause fondamentale des disparités en matière de santé. Elle évoque la vulnérabilité particulière des personnes d’origine africaine à la COVID-19, conséquence directe de systèmes ancrés dans des pratiques discriminatoires qui répartissent obstinément les ressources, le pouvoir et les opportunités en fonction de critères raciaux. La réduction des inégalités structurelles en matière de santé passe par la remise en cause du racisme systémique et de la répartition inégale du pouvoir au sein de la société. Elle souligne combien il est important d’adopter ici une approche intersectionnelle et rappelle que le droit fondamental au meilleur état de santé physique et mentale possible est inextricablement lié aux autres droits de l’homme. Elle dit craindre également que les technologies nouvelles dans le domaine de la santé ne soient racialement biaisées, pointe du doigt les obstacles auxquels sont confrontées les femmes d’ascendance africaine dans l’exercice de leurs droits en matière de sexualité et de procréation et note la forte exposition à la pollution que subissent de nombreuses personnes d’ascendance africaine dans le monde. S’agissant de la pandémie de COVID-19, elle estime qu’il conviendrait de prévoir un financement plus important et plus équitable des systèmes de santé, et insiste sur l’obligation qu’ont les États de garantir la sécurité, la disponibilité et l’accessibilité des vaccins et traitements contre la COVID19, lesquels doivent en outre être d’un coût abordable. 13. M. Reid souligne, au cours du débat entre les participants à la table ronde, que l’impact du racisme systémique sur la situation sanitaire des personnes d’ascendance africaine trouve ses racines historiques dans l’état nutritionnel et la détresse émotionnelle qu’ont connus les Africains réduits en esclavage. En réponse à une question posée par un membre du Groupe de travail, Ricardo A. Sunga III, le docteur Blackstock indique qu’il lui paraît important de tenir compte des critères de vulnérabilité, tels que la race et l’ethnicité, lors de la distribution du vaccin contre la COVID-19 afin d’assurer sa répartition équitable dans et entre les pays. La Rapporteuse spéciale sur le droit à la santé s’inquiète de ce que certains États risquent de s’employer à faire vacciner leurs propres citoyens, au détriment des populations 21-11641 5/26

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