A/HRC/RES/58/1
à la discrimination à l’égard de l’Église catholique, par l’interdiction de facto des processions
catholiques et par l’annulation arbitraire de la personnalité juridique d’au moins
392 organisations religieuses depuis 2018,
Condamnant également tous les actes d’intimidation, de harcèlement et de représailles
que des acteurs étatiques et des acteurs non étatiques commettent, tant en ligne qu’hors ligne,
contre des personnes ou des groupes qui cherchent à coopérer ou qui ont coopéré avec
l’Organisation des Nations Unies, ses représentants et ses mécanismes relatifs aux droits de
l’homme ou avec l’Organisation des États américains ou la Commission interaméricaine des
droits de l’homme,
Gravement alarmé par les informations selon lesquelles la situation des peuples
autochtones, des personnes d’ascendance africaine et d’autres groupes vulnérables en matière
de droits de l’homme continue de se détériorer au Nicaragua, beaucoup de ces personnes
continuant de subir une répression, une persécution, une discrimination, des menaces et un
harcèlement accrus, y compris des violations de leurs droits et des atteintes à ceux-ci, par
l’incapacité persistante du Nicaragua à octroyer des titres de propriété et à protéger contre
l’intrusion de colons les territoires qui ont été délimités pour les peuples autochtones et qui
leur ont été attribués, par le blocage des enquêtes sur les homicides, et par les actes de
violence sexuelle et fondée sur le genre et les agressions liées aux différends territoriaux dans
le territoire Mayangna Sauni As,
Se déclarant profondément préoccupé par le fait que le Conseil électoral suprême a
arbitrairement révoqué le statut juridique du principal parti politique autochtone et
d’ascendance africaine, Yapti Tasba Masraka Nanih Aslatakanka (YATAMA), le 3 octobre
2023, avant les élections régionales prévues le 3 mars 2024, et condamnant l’arrestation
arbitraire et la disparition forcée de députés de ce parti, ce qui réduit au silence l’opposition
politique et empêche la libre participation aux affaires publiques,
Se déclarant également profondément préoccupé par les persécutions, l’incrimination
et la répression, notamment les détentions arbitraires, les actes de torture, les procès
inéquitables, les déplacements forcés et d’éventuelles exécutions extrajudiciaires, dont
continuent de faire l’objet les membres et les dirigeants du mouvement paysan, ainsi que par
le harcèlement, la surveillance et les menaces que subissent en permanence les paysans et les
membres de leur famille, ces actes ayant effectivement mis à un terme à toute tentative
d’organisation et contraint nombre d’entre eux à l’exil ou à la clandestinité,
Se déclarant vivement préoccupé par la poursuite des violations de la liberté d’opinion
et d’expression et de la liberté des organes de presse, entre autres, de rechercher, recevoir et
répandre des informations, notamment par la perquisition et la fermeture des locaux du
principal journal imprimé du pays, par les arrestations arbitraires, les menaces, les violences
et le harcèlement dont font l’objet les journalistes et les professionnels des médias se
montrant critiques à l’égard du Gouvernement et qui contraignent nombre d’entre eux à l’exil,
et par les nouvelles restrictions de la liberté d’expression et de la liberté de la presse découlant
des modifications apportées à la Constitution,
Condamnant la recrudescence alarmante de la violence à l’égard des femmes et des
filles au Nicaragua et l’incapacité persistante des autorités à lutter contre la violence sexuelle
et fondée sur le genre, notamment le recours à la médiation obligatoire plutôt qu’aux
poursuites judiciaires, le manque d’indépendance du pouvoir judiciaire et du Bureau du
Procureur général, le sexisme judiciaire qui affecte les femmes de manière disproportionnée
et le fait que les responsables n’ont pas à répondre de leurs actes,
1.
Se déclare vivement préoccupé par la détérioration continue de la démocratie,
l’affaiblissement de l’état de droit et de la séparation des pouvoirs et la gravité de la situation
des droits de l’homme au Nicaragua, en particulier en ce qui concerne la jouissance des droits
civils et politiques, y compris le droit à une nationalité, par les nouveaux signalements de
violations des droits de l’homme et d’atteintes à ces droits, par le fait que les violations
commises depuis avril 2018, notamment le meurtre de 300 personnes au moins, ne donnent
lieu à aucune enquête indépendante, transparente et impartiale et que les auteurs n’ont pas à
répondre de leurs actes, par le maintien de l’interdiction des manifestations publiques et la
force disproportionnée et létale dont la police fait usage et les actes d’intimidation et de
harcèlement qu’elle commet pour réprimer les manifestations pacifiques, par les actes de
GE.25-06133
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