Situation des droits de l’homme dans la République autonome
de Crimée et la ville de Sébastopol (Ukraine)
A/RES/72/190
ainsi que des Ukrainiens et des personnes appartenant à d’autres ethnies et groupes
religieux ;
2.
Condamne également l’imposition illégale par la Fédération de Russie de
ses lois, de sa juridiction et de son administration en Crimée occupée et prie la
Fédération de Russie de respecter les obligations que lui impose le droit
international en respectant les lois qui étaient en vigueur en Crimée avant
l’occupation ;
3.
Exhorte la Fédération de Russie à :
a)
Honorer, en tant que Puissance occupante, toutes les obligations que lui
impose le droit international applicable ;
b)
Se conformer pleinement et immédiatement à l’ordonnance en indication
de mesures conservatoires prise par la Cour internationale de Justice le 19 avril
2017 concernant l’affaire « Application de la Convention internationale pour la
répression du financement du terrorisme et de la Convention internationale sur
l’élimination de toutes les formes de discrimination raciale (Ukraine c. Féd ération
de Russie) » ;
c)
Prendre toutes les mesures nécessaires pour mettre immédiatement fin à
toutes les violations et atteintes commises contre les habitants de Crimée, en
particulier les mesures et pratiques discriminatoires, les détentions arbitrair es, les
actes de torture et autres traitements cruels, inhumains ou dégradants qui ont été
signalés, et à abroger toutes les lois discriminatoires ;
d)
Respecter les lois en vigueur en Ukraine et abroger les lois autorisant les
évictions forcées et la confiscation de propriétés privées qu’elle a imposées en
Crimée en violation du droit international applicable ;
e)
Libérer immédiatement les citoyens ukrainiens qui sont détenus
illégalement et qui ont été jugés sans considération des règles de justice les plus
élémentaires, ainsi que ceux qui ont été transférés ou expulsés de la Crim ée vers la
Fédération de Russie en traversant des frontières internationalement reconnues ;
f)
S’attaquer au problème de l’impunité et veiller à ce que les auteurs de
violations ou d’atteintes aient à répondre de leurs actes devant une instance
judiciaire indépendante ;
g)
Instaurer et préserver des conditions de sécurité permettant aux
journalistes, défenseurs des droits de l’homme et avocats de faire leur travail de
façon indépendante et sans ingérence indue en Crimée ;
h)
Faire en sorte que tous, sans aucune discrimination fondée sur l’origine,
la religion ou les convictions, puissent de nouveau jouir de leurs droits, annuler les
décisions portant interdiction d’institutions culturelles et religieuses, d’organisations
non gouvernementales et d’organes de presse, et rétablir les droits des membres de
groupes ethniques de Crimée, en particulier des Ukrainiens et des Tatars de Crimée,
notamment le droit de prendre part à des rassemblements culturels ;
i)
Assurer l’accès à un enseignement en ukrainien et en tatare de Crimée ;
j)
Révoquer immédiatement la décision consistant à déclarer que le Mejlis
des Tatars de Crimée est une organisation extrémiste et à proscrire ses activit és,
rapporter la décision d’interdire aux dirigeants du Mejlis d’entrer en Crimée et
s’abstenir de maintenir ou d’imposer des restrictions au droit qu’ont les Tatars de
Crimée de conserver leurs instances représentatives ;
4/5
17-23187