A/HRC/RES/58/1 personne peut être détenue avant d’être mise en examen et d’incriminer l’expression d’opinions dissidentes ; 7. Demande instamment aux autorités nicaraguayennes de cesser immédiatement de recourir à la disparition forcée, à l’arrestation et à la détention arbitraires, aux menaces et autres formes d’intimidation ou aux mesures de substitution à la détention pour réprimer la dissidence, de libérer immédiatement et sans conditions tous les prisonniers politiques et toutes les personnes détenues illégalement, arbitrairement ou injustement, ainsi que celles qui ont été poursuivies en vertu de lois pénales ambiguës ou de lois restreignant arbitrairement les droits humains de la population nicaraguayenne, d’annuler leurs condamnations et d’abandonner les accusations retenues contre elles, de respecter les garanties d’un procès équitable et d’une procédure régulière, de faire la lumière sur le sort des personnes qui ont été soumises à une disparition forcée, de mettre un terme aux actes de torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants, et de veiller à ce que les conditions de détention soient conformes aux obligations applicables en matière de droits de l’homme et aux normes telles que l’Ensemble de règles minima des Nations Unies pour le traitement des détenus (règles Nelson Mandela), les Principes relatifs aux entretiens efficaces dans le cadre d’enquêtes et de collecte d’informations (Principes de Méndez) et les Règles des Nations Unies concernant le traitement des détenues et l’imposition de mesures non privatives de liberté aux délinquantes (Principes de Bangkok), notamment en ce qui concerne l’accès à un avocat, à un professionnel de santé et à des médicaments et l’autorisation des visites familiales ; 8. Exhorte le Nicaragua à lutter contre l’impunité, à rendre justice aux victimes des violations des droits de l’homme et à faire répondre de leurs actes les auteurs de ces violations, notamment à envisager d’élaborer et d’appliquer un plan global d’établissement des responsabilités qui soit inclusif et centré sur les victimes et les personnes rescapées, à mener des enquêtes indépendantes, transparentes et impartiales sur les multiples formes de répression et de violence, y compris celles exercées dans le contexte électoral, qui ont été signalées depuis avril 2018 par le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme et depuis 2023 par le Groupe d’experts des droits de l’homme sur le Nicaragua et d’autres experts des Nations Unies, notamment les allégations de crimes contre l’humanité, d’exécutions extrajudiciaires, de disparitions forcées, de torture, de violence sexuelle et d’autres violations graves des droits de l’homme et d’atteintes à ceux-ci, à veiller à ce que les victimes disposent de recours utiles et obtiennent réparation, à modifier la loi d’amnistie de 2019, à mettre en place des garanties de non-répétition et à abroger les réformes constitutionnelles adoptées en janvier 2025 ; 9. Exhorte le Gouvernement nicaraguayen à prendre des mesures efficaces pour offrir aux victimes de violations des droits de l’homme et à leur famille, notamment aux prisonniers politiques et membres de l’opposition, aux personnes souffrant de lésions et de handicaps de longue durée, ainsi qu’aux peuples autochtones et aux personnes d’ascendance africaine, en particulier dans les régions de la côte des Caraïbes, un environnement sûr et favorable leur permettant d’avoir accès à la justice et d’obtenir réparation, y compris de bénéficier de services de santé physique et mentale, sans aucune discrimination ; 10. Se déclare préoccupé par l’augmentation du nombre de féminicides et d’autres actes de violence sexuelle et fondée sur le genre dans le pays, par le démantèlement des institutions publiques compétentes dans ce domaine, par l’absence de mécanismes de plainte efficaces et par l’annulation du statut juridique des organisations de la société civile qui s’occupent des victimes de violence, en particulier des femmes et des filles autochtones et d’ascendance africaine, et exhorte le Nicaragua à prendre des mesures efficaces pour prévenir la violence sexuelle et fondée sur le genre, y compris les meurtres liés au genre, à enquêter sur de tels actes et à veiller à ce que leurs auteurs en répondent, et à agir contre les violences et atteintes sexuelles et fondées sur le genre selon une approche centrée sur les personnes rescapées ; 11. Exhorte le Gouvernement nicaraguayen à prendre des mesures efficaces, conformément à ses obligations légales et en consultant pleinement et véritablement les personnes autochtones et d’ascendance africaine, pour prévenir et combattre la violence et la discrimination accrues dont ces personnes sont victimes, notamment de mener rapidement des enquêtes indépendantes sur les cas signalés de harcèlement, de menaces, d’incrimination, GE.25-06133 7

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